Perché fièrement sur son rocher ancestral,
Le château de Chokier domine, impérial.
Son ombre s'étire dans la lumière dorée,
Gardien des âges, bastion d'éternité.
Sous la voûte étoilée, il s'endort et murmure,
Des récits d'antan, des échos d'aventures.
Les chevaliers hardis, les dames en velours,
Ont laissé leurs pas dans ce lieu hors des jours.
Sa tour circulaire, sentinelle du passé,
Scrute la vallée, figée à même son rocher.
Elle se dresse, impassible, face au vent,
Conteuse muette des siècles défilants.
La Meuse en contrebas serpente avec grâce,
Chantant l'histoire aux jardins en terrasse.
Ces terrasses jadis regorgeaient de fruits mûrs,
Aujourd'hui, elles chuchotent d'un temps moins dur.
Le XVIIIe siècle lui donna ses atours,
Sa façade classique, empreinte d’amour.
Les armoiries des Berlo ornent son fronton,
Symbole d’un passé riche de traditions.
Vint l’histoire d’un empereur en visite,
Il n’y séjourna pas, mais bien près du site
À la Large Porte, trouva repos et quiétude,
Et, le lit acquis, dans une ruse d'habitude,
Fut présenté aux visiteurs comme preuve éclatante,
Que l’empereur avait dormi ici ! en ce lit à l’impériale.
Ainsi naquit l’ambiguïté et le doux récit,
D’un château, bercé par ses mythes et ses précis.
Mais, le château connaît aussi les affres du destin,
Des guerres, des flammes et des éboulis malsains.
En 2017, le feu lécha ses murs robustes,
Or son âme resta puissante et auguste.
Lorsque le soleil caresse ses murailles au couchant,
Un éclat de gloire illumine ce géant.
Le château de Chokier, écrin de mémoire,
Vit dans les cœurs et les récits, éternel espoir.